"No body" Venez voir le silence !

Guetter le silence. Suspendre, le temps d'un cliché, la course folle du temps. S'adonner à la fascinante contemplation du vide, perché sur d'étroites marches d'escaliers à fleur de rochers, au bord d'une route désertée, sur le rivage d'une mer aux reflets rosés. Guetter le silence, recueillir ses confidences et les photographier.
No body
Numérique couleur
Nikon D70
Graphique
10 photographies
Octobre 2007
ISRAEL
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Texte © Hélène Duflos
Brandon Stanton, infatigable photographe des New-Yorkais

Certains aiment New York pour ses gratte-ciel, ses ponts, son énergie, ses taxis ou ses lumières. Mais Brandon Stanton s'est lui fixé un autre défi: photographier 10.000 de ses habitants pour un blog désormais célèbre, "Humans of New York".
Chaque jour, cet ancien financier de 27 ans au visage d'enfant déambule, appareil photo en main, dans les rues new-yorkaises à la recherche de personnes hautes en couleur: de Harlem à Brooklyn en passant par Manhattan ou le Bronx, "je pars à la chasse au trésor", explique t-il à l'AFP.
En deux ans, il a déjà photographié 5.000 New-Yorkais, enfants sortant de l'école, clochards, fashionistas, New-Yorkais avec un bouquet de tulipes, vieille dame avec sa canne, employés municipaux...
Et près de 560.000 fans suivent désormais sa page Facebook.
Il marche parfois de longues heures en quête d'une scène, d'une allure, d'un personnage. Il aborde ses sujets toujours de la même façon: "Bonjour, ça ne vous dérangerait pas que je vous prenne en photo ?".
Brandon Stanton cherche aussi à saisir la personnalité de ceux qu'il photographie. Les traditionnels "que fais-tu ?" et "d'où viens-tu?", font rapidement place à des questions plus personnelles: "Quel a été le moment le plus heureux de ta vie ?", "Quels sont tes objectifs aujourd'hui ?"
Parfois, le passant interpellé s'éloigne. Parfois, le dialogue se noue. Et Brandon note alors quelques citations: celle d'un SDF alcoolique qui rêve d'aller pêcher, celle d'une jeune punk qui veut être heureuse, ou encore une veuve qui confie avoir encore beaucoup d'amour à donner.
Au fil des mois, son blog et sa page Facebook se sont, en plus de ses photos, enrichis de ces petites chroniques de la vie new-yorkaise, pleines d'humanité et de douceur.
Une idée désormais copiée ailleurs
Il arrive aujourd'hui à vivre de sa passion, même s'il affirme que l'argent ne l'intéresse pas.
L'aventure a commencé en novembre 2010, quand après avoir perdu son emploi dans la finance à Chicago, le jeune homme s'est installé à New York. Sans expérience dans la photographie, il s'est lancé à corps perdu dans ce projet fou: prendre 10.000 portraits et les recenser sur une carte de la ville.
La première année est difficile. Il est inconnu sur la toile, n'est suivi que par 3.000 personnes, et ses économies s'amenuisent. "Nous étions très inquiets pour lui, mais il a persévéré", raconte un ami, Samuel Ward qui souligne que Brandon a été toute sa vie un homme de défis.
"Quand il se lance, il est hyper concentré et déterminé".
Finalement le succès est venu. "Au départ, on s'intéressait purement à mon travail, désormais c'est le phénomène qui m'apporte de la visibilité", confie le photographe.
"Face au succès du blog, j'ai laissé tomber l'idée du recensement", avoue-t-il aussi.
"En deux ans, je n'ai jamais vraiment pris de vacances. On peut penser que c'est facile d'être son propre patron, mais mon patron, ce sont les 560.000 personnes qui me suivent et à qui je dois fournir un contenu tous les jours. Cela peut être extrêmement stressant", ajoute-t-il.
Un livre regroupant près de 400 portraits et leurs histoires devrait sortir en librairie le 15 octobre prochain aux Etats-Unis.
Et son ambition ne s'arrête pas là. Il est déjà allé en décembre dernier en Iran pour y réaliser des photos de rue avec leurs petits récits, également disponibles sur son blog.
Et il a découvert avec surprise que "plus de 20.000 personnes" suivaient son blog en Iran.
Il a l'intention de continuer l'expérience dans d'autres pays. "Mon objectif c'est d'aller partout", dit-il.
"Humans of New York" a depuis inspiré d'autres artistes.
On trouve désormais sur Facebook, "Humans of Paris", "Humans of Beirut", "Humans of Buenos Aires" ou encore "Humans of Karachi".
"C'est génial que ça se soit étendu, mais je préfère rester concentré sur mon travail sans m'en soucier" dit Brandon.
Crédit photo : Brandon Stanton (c)
VIPA 2013, appel à candidatures

Consacrés à la photographie documentaire, les Vienna International Photo Awards 2013 récompensent chaque année le travail des photographes dans trois catégories : Professionnel, Amateur et Smartphone. En plus de recevoir des prix d'une valeur totale de 9 000 euros, les lauréats seront exposés à Vienne et seront publiés dans le catalogue officiel VIPA 2013.
Lancés en 2011, les Vienna International Photo Awards (VIPA) visent à "attirer plus d’attention sur la photo documentaire en Autriche et dans le monde," précisent les organisateurs dans un communiqué de presse. "Nous voulions que VIPA soit différent car nous mettons l’accent sur un créneau particulier situé entre la photo de presse et la photo d’art qui est souvent laissé à l’écart. Le côté unique de la photo documentaire réside dans le fait qu’il couvre une large variété de thèmes, de ses caractéristiques iconographiques distinctes et de la pluralité de ses perceptions qu’on ne retrouve ni dans la photographie de presse, ni dans la photographie d’art."
En 2012, la photographe italienne Antonella Monzoni et les photographes français Julie Glassberg etJacques Borgetto ont été les trois gagnants de la première édition des Vienna International Photo Awards 2012 pour la photographie documentaire.
Cette année les photographes professionnels et amateurs sont invités à concourir dans trois catégories : Professionnel (prix de 4.000 EUR), Amateur (prix de 3.000 EUR) et Smartphone (prix de 2.000 EUR). Date limite de candidature : 30 avril 2013.
Le concours sera jugé par un jury international de commissaires d’expositions, directeurs de galeries et photographes : Antoine D'Agata (France), Catherine David (France), Jean-Baptiste Joly (Allemagne / France) Thomas Köhler (Allemagne), Laura Serani (Italie) et Anna Zekria (Russie).
Pour la première fois, VIPA lance également un concours nommé Photo de la Semaine. Les photographes sont invités à soumettre une seule image chaque semaine. Chaque samedi, une galerie des photos sélectionnées sera affichée en ligne et soumise au vote du public. La photo la plus votée sera publiée dans le catalogue de VIPA et fera partie de l'exposition des lauréats à Vienne. Pour plus de détails et s’inscrire en ligne : http://www.thevipawards.com.
Crédit photo : Antonella Monzoni (c)
Circulez, y'a tout à voir !

Le festival Circulation(s) propose pour la troisième année un regard croisé sur l’Europe à travers la photographie. Le festival qui se tiendra à la galerie Côté Seine et au Trianon du parc de Bagatelle à Paris, a pour vocation de faire émerger les talents de la jeune photographie européenne et de fédérer un réseau d’acteurs partageant la même ambition : aider les jeunes photographes à s’insérer dans le monde professionnel et faire découvrir au public la création contemporaine. La programmation s’articule autour de la sélection d’un jury suite à un appel à candidatures, d’invités et de la carte blanche du parrain de l’édition N°3, François Cheval.
Organisé par l'association Fetard, Circulation(s) s’articule cette année autour d’une exposition d’envergure présentant les travaux de 29 jeunes photographes européens sélectionnés suite à un appel à candidatures européen par un jury réunissant des professionnels du monde de l’image
Plus de 800 photographes ont envoyé leurs dossiers. Jugés sur la pertinence de leur travail et la vision personnelle qu’ils expriment, les artistes retenus dessinent les contours de la jeune photographie européenne. Parmi les photographes sélectionnés par le jury, Mindaugas Azusilis (Lituanie) présente la sérieHappiness in Lithuania, Olivier Brossard (France) présente In a deeper road, Federica de Ruvo (Italie) présente Stand by Me, Isabel Kiesewetter (Allemagne) présente Konversion, Sabine Koe (Autriche) présenteBarfuss, et Juuso Noronkoski (Finlande) présente Towards the Sun Looker.
Comme chaque année, le festival a souhaité donner une visibilité particulière à deux structures européennes dédiées à l’image. Les deux institutions invitées, l’École Supérieure des Arts Saint-Luc à Liège, (Belgique) et la galerie Anzenberger (Autriche) présentent Maxence Dedry et Elodie Ledure, Thomas Herbrich et Klaus Pichler.
Plusieurs projets spéciaux sont accueillis sous forme d’exposition, de projection et d’installation : 16ème Prix de Jeunes Talents vfg en photographie, Suisse (Projection) ; Les coups de cœur des festivals européens (Projection) ; Isabelle Blanc (Installation) ; Jean-Jacques Calbayrac (Installation) ; Joël Curtz (Installation) ; Cristina De Middel (Photographie et installation) ; Françoise Michaud (Installation) ; Susanna Pozzoli (Installation) et Chantal Vey (Installation).
Parrain de cette édition du festival, François Cheval a invité quatre artistes à participer au festival à travers une Carte blanche : Morgane Denzler, Stan Guigui, Philippe Pétremant et Manon Recordon. Les jeunes photographes souhaitant s'imposer durablement dans le monde de l'art trouveront, dans le catalogue de l'exposition, des conseils pragmatiques prodigués par le directeur du Musée Nicéphore Niépce. "En premier, il faut s’imposer de suite auprès des conservateurs, des commissaires, des curateurs et des critiques. Invitez-les ! Ne reculez devant aucune marque de séduction, même si je dois vous mettre en garde contre toute espèce de démonstration de tendresse envers cette engeance," explique François Cheval. "Non que cela soit formellement interdit car il n’y a rien de méprisable à montrer aux vieux barbons un certain empressement. Mais il faut que ces témoignages d’attachement, votre affection, restent confidentiels. Prodiguez donc généreusement à tous et que chacun, - ah l’imbécile ! -, se croit l’élu : un commissaire n’aime rien tant que se figurer l’unique découvreur et être le seul aimé . Il se sait faillible et vit dans la hantise de manquer les talents naissants. Jouez donc avec finesse de l’affection et de la culpabilité."
Des activités pédagogiques (visites commentées par les artistes, projections) et des ateliers (lectures de portfolios) seront également mis en place à destination du grand public et des jeunes photographes.
Du 22 février au 31 mars 2013
au Parc de Bagatelle à Paris
Crédit photo : Sur la route de Bikoro à Bokonda (c) Patrick Willocq, France (Sélection du jury)
Photo-Clip, 1 émotion en 5 photos : Comme un léger flou
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Arrête ton cirque !

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Reportage - 10 photographies
Décembre 2012
Vincennes - Cirque PINDER
Depardon : le bruit de la ville
Exposition, du 25 Janvier 2013 au 3 Avril 2013.
Le Carreau, espace des arts visuels de la ville de Cergy
Avenue des Trois Fontaines
Parking du Marché Neuf (rue aux Herbes)
Quartier Grand Centre
95000 Cergy

"J'ai aimé me perdre dans ces villes étrangères, je me suis efforcé de me dissimuler dans le flot des passants des rues animées de ces grandes cités. Pour quelques heures, pour quelques jours, j'étais un habitant, un peu particulier. Je restais étranger, mais j'étais adopté et protégé par la foule. J'ai toujours pris plaisir à ne pas me faire remarquer, à disparaître aussitôt repéré, à me fondre d'une rue à l'autre, sans chercher à me cacher, en restant un touriste un peu décalé, plutôt curieux mais toujours amateur.
Mon secret, aller vite comme les piétons de ces villes, pour respecter l'itinéraire de leur vie quotidienne. Comme j'étais acteur et marcheur, il me fallait sans cesse ne pas regarder, photographier, sourire et disparaître. Le hasard a toujours bien fait les choses. C'est vrai que chaque ville a son propre mouvement, travailleurs, chômeurs, étudiants, passagers ; tout est travelling et plan séquence dans une ville. D'un coté, j'arrêtais un moment banal et original avec ma caméra et mon film de cinq minutes, et de l'autre, je fixais un moment flou avec mon appareil photo, un instant éphémère qui allait disparaître à tout jamais.
Marcher dans une ville, c'est croiser des visages. Il m'est arrivé de croiser furtivement un beau visage de femme, puis un autre, et je me mettais à rêver de vivre dans cette ville, que ce soit ma ville et que cette femme soit mon bonheur. Mais en attendant, je vivais un autre bonheur, celui de rester un inconnu ; j'étais trop intimidé pour parler, même si j'étais protégé par mon statut de visiteur. Ma chance était de n'être jamais satisfait, il me fallait toujours aller plus loin et comme les villes sont grandes, il était facile de se perdre. Il m'arrivait de m'arrêter dans un café ou de rentrer à l'hôtel pour me dégriser des bruits de la rue qui m'envahissaient depuis le petit matin.
Trois jours dans chaque ville, à essayer de garder ce premier regard, avant de quitter la ville comme un voleur d'images. Mais souvent le dernier jour, je pouvais rester des heures sans photographier, ni filmer. Ce n'était pas seulement la fatigue de la marche, j'étais gagné par la ville, je prenais des habitudes et les souvenirs me revenaient, de vieux souvenirs… j'étais un gosse, soi-disant reporter, qui voulait changer le monde sous prétexte de témoigner. Toujours en transit, pour aller photographier les rebelles dans les montagnes, des paysans, comme mes parents, qui s'étaient transformés en combattants. La ville avait changé et moi aussi. Mes compagnons étaient une petite caméra A-Minima et un Bronica 645 et des films couleur. Labyrinthes modernes, les villes se photographiaient en couleur, c'était nouveau et hors du commun pour moi. Fini le blanc et le gris stylistiques, nous sommes dans un présent existentiel – peut-être plus dur au fond – où trottoirs et piétons, rivières et ponts, bords de mer et ports, pluie et soleil se ressemblent de plus en plus à travers les continents.
Aujourd'hui devant ces photographies, vous pouvez deviner mon itinérance, mes échecs, mes ratages, mes attirances, mes craintes, mes surprises, mes chances et mes bonheurs. Deuil et jouissance, tout se mélange maintenant avec le temps."
Texte © Raymond Depardon
Crédit photo © Raymond Depardon / Magnum Photos - Shanghai, Chine, 2004.
China 2050 - Benoît CEZARD
Benoit Cezard, 30 ans au compteur, s’en est allé un jour jouer de la musique en Chine avec son groupe, puis il a oublié de revenir. Il habite là-bas depuis maintenant six ans et enseigne la langue de Molière dans la ville de Wuhan. Musicien, il est également passionné par la photo. Et en la matière, sa dernière série, China 2050, est remarquable. "J’ai lu que ce pays deviendrait dans un futur proche la première puissance économique mondiale". C’est le point de départ de son travail et de ses premiers pas dans la staged photography qui met en scène des acteurs. "Pour les premières photos, j’ai demandé à de très bons potes, et après, comme j'avais déjà des photos à montrer, c’était plus simple de faire comprendre mon idée aux gens."
Ces photos nous projettent dans le futur, mais elles possèdent un sens profond."En imaginant le déclin de l'Occident et l’avènement de la Chine, j’ai voulu mettre en images l’histoire de l’arroseur arrosé. Les Occidentaux se retrouvent à faire des boulots durs en Chine". Cezard précise que dans les rues on croise de partout "des travailleurs migrants qui viennent des campagnes pour travailler en ville (chantiers, usines, ndlr) et leurs conditions sont très difficiles".
Ce "travail sur l’Occident" est aussi une "manière détournée de leur rendre hommage". Il faut savoir que dans l’Empire du Milieu, le travail, au même titre que la famille et la réussite sociale, sont des valeurs importantes. "En toute modestie, cette série a fait son buzz ici. Sur les réseaux sociaux chinois (Weibo), les photos ont déclenché des discussions et des réactions sur la place des étrangers en Chine, les conditions des travailleurs migrants, les actions des Chengguan, une sorte de police qui persécute les vendeurs à la sauvette." Le photographe autodidacte précise également qu’il "joue" avec le "sentiment nationaliste" de certains chinois. Cela peut les flatter au premier degré, "mais beaucoup ne sont pas dupes et comprennent bien l’ironie de mon travail. Ils ne regardent pas tous les journaux d’état et le journal télévisé de CCTV, le TF1 chinois."
Là où on pourrait voir une prédiction géopolitique, Benoit Cezard précise qu’il s’agit plus d’un scénario de science-fiction : "J'imagine mal un Français venir en Chine pour travailler sur les chantiers ou devenir manutentionnaire dans une usine. Puis, je ne souhaite pas le déclin de l’Occident." Et d’ailleurs, est-ce qu’il entrevoit celui de ce géant qu’est la Chine ? "Ici est là, on commence déjà à entendre parler des premières délocalisations d’usines chinoises, des revendications salariales. La croissance est surtout visible dans les grandes villes. Les nouveaux riches et la classe moyenne ont une fièvre acheteuse, mais j’ai peur que le pays rencontre des tensions sociales. L’écart entre les riches et les pauvres, les conditions des travailleurs migrants, les scandales alimentaires, les préoccupations environnementales et la corruption sont des défis à relever."
Et pour prolonger cette réflexion autour de la place de la Chine, Benoit a attiré l’attention de Fluctuat sur l’univers d’un duo formé par Liyu et Liubo, des photographes domiciliés dans sa ville, Wuhan, à environ 1000 kilomètres de Pékin. Egalement à classer dans le domaine de la Staged Photography (et pas que), ils travaillent à partir des médias et leur univers pourrait inspirer un film à David Lynch.

© FLUCTUAT - Benoît CEZARD
